Le musée des amoureux et du patrimoine sundgauvien
Réveillez la fleur bleue ou le coeur d'artichaut qui sommeille en vous.

Avec ses colombages et sa façade vieux rose, le romantisme du petit bâtiment fera fondre votre coeur. A l’entrée, un petit couple détient sans aucun doute le record du plus long baiser du monde! A l’intérieur, des objets de collection de Raymond PEYNET (le spécialiste des portraits d’amoureux) vous accueillent. Le décor est planté: Bienvenue au Musée des amoureux et du patrimoine sundgauvien, situé à WERENTZHOUSE au coeur du Sundgau.


Grand comme un mouchoir de poche, ce musée abrite pourtant deux collections vertigineuses sur le thème de la correspondance amoureuse, et sur la mémoire photographique du Sundgau rural. Avec de l’ingéniosité, et un sens du classement rigoureux, c’est fou tout ce qu’une petite équipe de bénévoles peut faire tenir dans seulement 19 m2!
le musée des amoureux et du patrimoine sundgauvien: Sommaire
La genèse du Musée des amoureux
Il fallait l’impulsion de Monsieur André GOEPFERT, collectionneur de cartes d’amoureux, pour créer de toutes pièces l’un des plus petits musées au monde. Pour ce projet qui lui tient à coeur, il embarque avec lui une équipe de bénévoles: L’association du Musée des amoureux naît en 1989.
Leur premier défi? Trouver quatre murs et un toit pour concrétiser leur idée. Ce sera l’ancien dépôt de lait/Milchhisli du village de Werentzhouse. Une maisonnette traditionnelle alsacienne complètement délabrée, puisqu’il y a bien les murs… mais plus de toit!
L’aventure commence donc par une sacrée tuile! Pas de quoi démotiver l’association pour autant. Celle-ci organise ses premières expositions dans le but de collecter des fonds pour la réhabilitation du bâtiment. Les bénévoles au grand coeur n’hésitent pas à mettre la main à la poche pour compléter la trésorerie.
A l’intérieur aussi, les adhérents de l’association mettent du coeur à l’ouvrage et le mobilier prend place. Il est fait sur-mesure afin d’optimiser au mieux l’espace riquiqui disponible. Il permet de classer esthétiquement les collections du sol au plafond. Le tout est complété d’une grande table en bois (dotée de vitrines) et de longs bancs, qui invitent le visiteur à s’asseoir un instant. C’est dans ce cadre chaleureux/heimelig, que le Musée des amoureux voit le jour.
Les cartes postales des Catherinettes
Si le Musée traite le sujet des courriers d’amour, ceux qui n’ont pas encore trouvé chaussure à leur pied ne sont pas oubliés! Une section est consacrée à la collection de « cartes à bonnets de la Sainte-Catherine ».

Un grand soin est apporté à ces cartes postales offertes aux « Catherinettes ». Elles sont ornées de véritables petits bonnets décorés de rubans, de fleurs séchées, ou de dentelles. Les textes qui y figurent sont des invocations à la patronne des jeunes filles célibataires.

Sur le thème du célibat, le visiteur peut également découvrir les litanies des filles et garçons à marier. De véritables prières (parfois humoristiques) que les jeunes gens récitaient dans l’espoir de trouver l’âme soeur.


L'amour galant et ses échanges épistolaires

"An a Maidle.
Dü bisch d'Seel vo minere Haimet, Maidle!
Alli Scheenheit vo minere Haimet bisch!"
"A une jeune fille.
Tu es l'âme de mon pays natal, jeune fille!
Tu es toute la beauté de mon pays natal!"
Nathan Katz
Au Musée des amoureux, on vous parle d’un temps où les mots doux s’échangeaient par correspondance. Autrefois, les cartes postales étaient très appréciées des amoureux. Il était de bon ton pour une jeune fille d’avoir un album réunissant les témoignages postaux de ses soupirants.
Les éditeurs surfaient sur cette mode, et rivalisaient d’inventivité pour décliner toujours plus de thématiques pour contenter les cartophiles. Les cartes pouvaient être gaufrées, brodées, et même s’ouvrir en trois dimensions comme les « Valentines ». Une abondance de scènes amoureuses et de textes galants égayaient ces cartes postales très prisées.

La Première Guerre Mondiale fut une époque prospère pour la carte postale, puisqu’elle était le moyen privilégié des amoureux pour entretenir leurs relations à distance. Mais l’apogée de ces amours épistolaires se situe de la fin du XIXème siècle au début du XXème siècle, même s’il s’en échangeait encore après la Seconde Guerre Mondiale. Ainsi, au Musée des amoureux, la plus ancienne carte postale date de 1890.
Une rareté du musée: la collection de cartes à cheveux.


Dans sa riche collection, le musée détient de véritables raretés comme les « cartes à cheveux ». Malgré la délicatesse de leur matière, et leur mode de conservation (souvent oubliées dans des greniers), certaines sont parvenues jusqu’à nous, sans être grignotées par les souris.
Ces exemplaires, purs produits de l’imagination sans limite des éditeurs, peuvent être consultés au Musée. Ce sont des portraits féminins incrustés de mèches de cheveux (chevelure humaine, ou en mohair), en vogue début du siècle dernier.
Le code secret des lettres d'amour
Avant d’arriver à bonne destination, le courrier du coeur était déjà passé entre les mains du facteur, et l’indiscrétion des parents… Pour garder leur correspondance secrète, les Valentines et les Valentins de l’époque développèrent alors des stratagèmes pour tenter de déclarer leurs sentiments à l’abri des curieux.
Le langage des timbres
Le timbre était utilisé pour se parler sans mot. La clef du code se trouvait dans la manière subtile de coller le timbre sur la lettre d’amour.
Le langage des rubans de couleurs
Cette fois c’est la couleur du ruban que retournait la bien-aimée à son bien-aimé, qui l’informait sur la nature de ses sentiments. A moins que ce ne soient les parents de la jeune fille qui répondent eux-mêmes au galant… Gare au terrible ruban noir!



L'âme du Sundgau à travers les vieux albums de famille
Le Musée des amoureux et du patrimoine sundgauvien possède une seconde section, qui est consacrée à un travail de mémoire: La collecte de photographies anciennes du Sundgau (certaines datent de plus de cent ans). Les photos de mariages, de classes, de fêtes de villages, d’évènements religieux, ou encore de travaux agricoles, s’égrènent au fil des pages d’albums méticuleusement classés par communes. Soixante-dix villages du secteur participent à cette collecte, qui repose sur le travail de fourmi des bénévoles de l’association.

Ainsi, les Sundgauviens qui souhaitent participer, mettent à disposition leur photos de famille, qui sont ensuite agrandies au format A4 chez un photographe. Puis les bénévoles rendent les originaux à leurs propriétaires. Enfin, ils procèdent au classement des reproductions, en prenant soin d’annoter le nom des personnes reconnues sur les photos. Ce travail titanesque est une formidable base d’étude pour les généalogistes, où ceux qui souhaitent découvrir les coutumes du Sud de l’Alsace.
Le succès de cette démarche n’est plus à démontrer. Le jour de ma visite au musée, il y avait autant de couples d’amoureux, que de personnes à la recherche de photographies concernant leur village! Leur enthousiasme était visible en redécouvrant les visages d’antan.
Informations pratiques
Musée des amoureux et du patrimoine sundgauvien:
2 rue de Ferrette
68480 WERENTZHOUSE
A côté de Ferrette, à 16 km d’Altkirch, à 20 km de Saint-Louis, et à 50 km de Mulhouse.
Horaires d’accueil:
Le 1er dimanche du mois de 14h30 à 18h00 en avril, mai, juin et septembre.
Tous les dimanches en été.
Ouverture exceptionnelle pour la Saint-Valentin bien sûr!😉
Hors saison sur RDV, en contactant Madame Geneviève GRIMLER, trésorière et coordinatrice passionnée de l’association au: 03 89 40 50 47.
Tarif: L’entrée du musée est gratuite. Si le coeur vous en dit, vous pouvez faire un don au profit de l’association. Il sera à déposer dans une boîte en forme de coeur (évidemment).



Un grand MERCI avec gratitude pour ce superbe reportage qui nous va droit au coeur. Continuez à embellir notre quotidien avec la découverte de notre belle région.
Votre musée est une belle découverte pour moi. Un grand merci pour vos encouragements Madame GRIMLER! Cela me donne envie de continuer à partager mes promenades sur les chemins d’Alsace.
La Saint Valentin est imminente. Une visite au musée des Amoureux s’impose !